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jeudi 4 octobre 2012
Les Touffes Krétiennes - Crazy Punk Brass Band [2005]
A la demande de Jimmy, suite au post des Quelques Fiers Mongols, voici l'album de Les Touffes Krétiennes, une fanfare pas très catholique. Pas tout à fait Brass Band puisqu'ils intègrent guitare et batterie, Les Touffes Krétiennes est une fanfare à géométrie variable, en ce sens que les membres tournent en fonction des disponibilités de chacun. Le tout dans un état d'esprit collectif immuable. Tous à peu près sont issus de la scène françaises du début des années 2000 : Les Hurlements d'Leo, Les Ogres de Barbak, Les Fils de Teupuh, Babylon Circus et autres. Désolé pour ceux que j'oublie de citer.
Là où les Fiers Mongols choisissent de revisiter le répertoire Zeppelinien, Les Touffes préfèrent axer ce premier album sur des compositions tantôt d'inspiration ska hispanisant flirtant parfois avec le jazz comme pouvait le faire le ska roots, tantôt franchement musique de fanfare à l'image du formidable Galerman ou de Fainéant. Ce qui ne les empêche pas de s'autoriser deux belles reprises de morceaux inoubliables : Guns of Brixton formidable reggae de Clash écrit par Paul Simonon et le nom moins fantastique You Really Got Me des Kinks. Rien que ça. Cette dernière reprise commence curieusement par un cri : The KKK took my baby away hommage rapide aux Ramones, dont je serais curieux d'entendre une reprise par Les Touffes.
Dernière curiosité, le morceau final est un dub, pour le coup franchement dub et pas du tout fanfare. Mais pourquoi pas.
Till
1. Shalala
2. Pamella
3. Tokyo
4. Gun's Of Brixton
5. You Really Got Me
6. Monkey
7. Galerman
8. Faineant
9. The Yack (Live In Barcelona)
10. Cugmao Dub Remix
ZS
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lundi 17 septembre 2012
Joe Strummer & The Mescaleros - Global A Go-Go [2001]
Grand Jeu Des Blogueurs Mangeurs De Disques (4ème édition)
Thème # 1 : QUE LA FETE COMMENCE ! (Un must pour commencer... Lâchez-vous !)
Ca commence bien. Premier thème et déjà des états d'âme. Que le fête commence...Alors quoi ? De la musique festive ? De celle qui vous donne une foutue envie de remuer les jambes et de vous mêler à une foule sautillante et trépidante, toute entière tournée vers le même besoin de célébrer la vie ou, plus modestement, le plaisir d'être ensemble et de se dire que c'est déjà un beau cadeau ?
Mais après tout la musique est toujours festive pour peu qu'elle vous prenne aux tripes et vous remue la boîte à émotions. Alors le thème ? Vas-y, lis jusqu'au bout. Un must pour commencer. C'est quoi un must ? Réfléchissons...Imaginons un groupe, un chanteur, une chanteuse, une idée, un album qui nous accompagne depuis longtemps, depuis toujours. On l'a laissé de côté un moment, on lui fait quelques infidélités - pardonnables, il y a tellement trop - mais toujours on reviens vers lui, elle, ça. Comme aimanté. Dans aimanté il y a aimant, aimer, j'aime, nous aimons. Donc on y revient, toujours besoin d'amour. Et au bout de cette réflexion c'est Joe Strummer qui s'impose. Champion du monde, médaille d'or à défaut de disque d'or, universel.
J'ai toujours su que Strummer était immortel. Comme une évidence. Immortel, pas comme un Highlander ridicule, ou un académicien tout vert, limite moisi, mais immmortel comme un bloc de granit qui était là avant et qui sera là après. Un repère, un phare qui sauve le navigateur perdu. Au moment de se noyer dans un océan de musiques, submergé par les nouvelles vagues successives, à l'instant de la suffocation, de la dernière bouffée d'air, de l'engorgement des tympans, les images défilent, on fait le point une dernière fois et il est là. Le repère, le phare. Et on rattrape le fil. Le fil d'Arianne, la corde qui nous sort la tête de l'eau.
Parce que Joe Strummer c'est une longue histoire d'aimant. Joe Strummer qui rock'n'roll et qui connait les anciens. Joe Strummer qui avec une poignée de morveux hurle la rage d'une génération. Joe Strummer qui sait déjà que pour respirer et vivre, sa musique doit chercher ailleurs, partout, s'enrichir de toutes les cultures et fouiller leur âme. Joe Strummer qui traverse discrètement des années de musiques de films et d'émissions de radio. Joe Strummer qui ressurgit plus inspiré que jamais à la tête des Mescaleros. Et qui après un coup d'essai sort Global A Go-Go. Un coup de maître.
Global A Go-Go c'est l'album qui réussit l'amalgame de toutes les musiques qui le font respirer, l'alchimie des genres. Strummer transforme en pépites toutes ses rencontres musicales. Il cuisine les recettes indiennes et pakis et s'invite aux fêtes latinas, parcoure la bande FM mondiale et joue au Mah-Jong dans un fast-food chinois. Il saupoudre discrètement d'épices africaines, pimente parfois d'une basse funk, relève d'un soupçon de guitare latine et ou adoucit d'un folk apaisant. Global A Go-Go est l'oeuvre d'un Strummer apaisé et mature, d'un homme qui sait d'où il vient et sait où il va, qui suit son chemin avec sérénité. Pour autant, le regard qu'il jette sur le monde n'est ni sombremment désespéré ni naïvement idéaliste. Son oeil est triste et réaliste, pourtant il garde espoir en l'humanité et dégage une forme de sagesse, celle que confère l'expérience.
Nul doute que Strummer avait encore beaucoup à donner à la musique. J'en veux pour preuve les quelques perles qui figurent sur Street Core, l'album posthume. Mais celui-ci souffrait d'un manque de finition. Non, le vrai testament c'est bel et bien Global A Go-Go. John Graham Mellor est mort en décembre 2002. Joe Strummer, lui, est immortel.
Till
01 - Johnny Appleseed – 4:03
02 - Cool 'n' Out – 4:22
03 - Global a Go-Go – 5:55
04 - Bhindi Bhagee – 5:47
05 - Gamma Ray – 6:58
06 - Mega Bottle Ride – 3:33
07 - Shaktar Donetsk – 5:57
08 - Mondo Bongo – 6:14
09 - Bummed Out City – 5:33
10 - At the Border, Guy – 7:08
11 - Minstrel Boy (traditionnel) – 17:53
ZS
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