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jeudi 8 novembre 2012

James Chance & Terminal CIty - The Fix Is In [2010]



Peut-on encore croire en James Chance ? Sur la pochette, avec son visage pâle, un peu bouffi, on croirait voir Johnny Depp maquillé pour un film de Tim Burton. On peut y voir aussi un James Chance résigné, désabusé. The fix is in, l'idée est peut-être là : c'est couru d'avance, dés pipés, paris truqués. Un nouvel album du Sax Maniac et un de plus qui ne rencontrera les oreilles que de quelques aficionados fidèles à ses stimulations tympano-cérébrales. J'exagère, mais à peine, car cet autre James - White mais grand fan de Brown - s'est attaché au cours de sa carrière, un public certain bien que limité en nombre.

De Teenage Jesus and The Jerks à James Chance and The Contortions en passant par James White and The Blacks, ça fait bientôt 35 ans qu'il donne des couleurs au noir et blanc, s'attachant à fusionner compulsivement les musiques noires et blanches, mélangeant avec délectation et une maîtrise évidente jazz, funk ou rock. Même si sa route s'est rapidement éloignée de celle de Lydia Lunch, il est longtemps resté un des symboles de la scène No Wave new-yorkaise, l'un des plus déconcertants aussi.

Car son truc c'est la note stridente, décalée, le rejet de l'harmonie et de la mélodie facile, une musique qui ne se laisse pas apprivoiser sans effort. N'allez pas croire pour autant que depuis si longtemps il torture son saxo en virtuose pour le plaisir de quelques théoriciens intellos. Non, ce qu'il aime avant tout c'est faire bouger le public. A ses débuts il n'hésitait pas à faire le coup de poing avec les spectateurs qui l'écoutaient assis, à les forcer à se lever et à danser sur son funk, alors les théories sur la musique hein...D'autant que les paroles qu'il colle sur ses musiques ont toujours assez d'humour et de décalage pour lui éviter de se prendre trop au sérieux.

Comme une évidence, James Chance a fait évoluer sa musique vers le jazz. Mais on ne se refait pas, lui moins qu'un autre, les dissonances, les stridences du piano, du sax ou de la guitare sont toujours bien présentes. Free Jazz ? Peut-être, si tant est que ce terme ait encore un sens. Et si la plupart des morceaux de cet album reprennent des titres de films noirs - en noir et blanc bien évidemment - sa musique et ses textes ont gardé l'humour au second degré qui les a toujours caractérisés.

Le morceau The Fix Is In trouvera facilement ses amateurs, c'est un régal à écouter. Devilish Angel et son ambiance sombre et froide trouvera un écho chez certains. Ce sera évidemment plus difficile pour d'autres titres aux sonorités typiques des Contortions devenues Terminal City. Ces morceaux-là en feront fuir plus d'un, c'est couru d'avance. The fix is in.

Essayez donc cerumen

01 Down And Dirty     
02 The Street With No Name    
03 Blonde Ice   
04 The Fix Is In    
05 Devilish Angel    
06 Another Pompadour    
07 Chance's Mood    
08 Lotus Blossom    
09 The Set Up
10 Leave My Girl Alone

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