jeudi 27 septembre 2012

Schubert - Trio #2 in E Flat Op.100 - The Mozartean Players




Grand Jeu Des Blogueurs Mangeurs De Disques (4ème édition)
Thème #6 - AIMEZ-VOUS BRAHMS...Harr! La mouzik classickeu...


Installé à une table de jeu, Redmond Barry fait face à Lady Lyndon. Jeu de regards, face à face, séduction.

Andante Con Moto. Le piano et le violoncelle se cherchent, se croisent. L'un est rythmique quand l'autre est mélodique. Et puis les rôles s'inversent.

Aucun mot échangé. Un léger mouvement des lèvres, des regards détournés qui se cherchent et s'évitent. Plans croisés, Barry, Lady Lyndon, la caméra passe de l'un à l'autre, dialogue silencieux. Lady Lyndon se lève et s'éloigne. La caméra fixe le visage de Barry qui la suit du regard.

Piano et violoncelle se cherchent et se fuient, s'éloignent du thème pour y revenir inexorablement. Témoin de ce jeu de séduction le violon vogue de l'un à l'autre, rejoint le piano, retrouve le violoncelle.

Lady Lyndon est seule à l'extérieur. Barry entre dans le champ de la caméra. Dans un étirement interminable du temps elle se retourne et lui fait face. Il prend lentement ses mains, les bouches se rapprochent.

Le violoncelle a réaffirmé sa présence, repris le thème principal, le piano le rejoint. La tension prend de la consistance, devient palpable. Quand les deux personnages s'embrassent les deux instruments sont enfin unis sur le thème pour le finale du mouvement.



Le dernier mouvement du Trio, l'Allegro Moderato a été raccourci de deux fois 50 mesures + une reprise par Schubert dans la version éditée. Peut-être pour rentrer dans les formats de diffusion des télévisions américaines. Plus probablement par complaisance, pour proposer des exécutions plus courtes. Les Mozarteans Players ont choisi de proposer en bonus sur ce CD la version manuscrite de l'Allegro telle que Schubert l'avait composée initialement, avec les 100 mesures supplémentaires mais sans la reprise. Je crois, mais je mets de grosse réserves, qu'un des passage coupés superpose le thème de l'Allegro à celui du second mouvement, l'Andante de Barry Lyndon donc, privant la version coupée d'une partie de la cohérence de l'oeuvre.
J'attends impatiemment l'éclairage de Pascal Georges sur ce coup-là.


The Mozartean Players :

Steven Lubin : Piano
Stanley Richie : Violon
Myron Lutzkz : Violoncelle

1. Allegro
2. Andante Con Moto
3. Scherzando
4. Allegro Moderato (Published Version)
5. Allegro Moderato (Uncut Manuscript Version)


ZS

12 commentaires:

Le Club Des Mangeurs De Disques a dit…

Mince! Je suis passé à côté de cette oeuvre. Vite, je refais mon retard! Piano, violon, violoncelle: difficile de résister, surtout avec Schubert.
Jimmy

Mister Moods a dit…

Un second Schubert pour le tour classique du Grand Jeu? Et pourquoi pas ? :-)
Allez, comme Jimmy je ne connais pas mais je vais vite combler cette lacune.
Merci.

Till a dit…

Arff ! Jimmy, Mr Moods, vous avez forcément vu Barry Lyndon. Non ?
Mais si !

Moi qui croyais avoir sorti un truc vu, revu et entendu...

La Rouge a dit…

C'est Noël! Classico! je ne connaissais pas. Merci.

Everett W. Gilles a dit…

Hello.
Bon ben je suis le seul à m'être échappé alors...
je comprends ton allusion sur mon post, et je n'ai pas voulu poster la BO de Barry Lyndon parce que je ne n'en écoute que la Sarabande.
Bravo, bel effort!
EWG

Till a dit…

La Rouge : de rien, j'espère que ça te plaira.

Everett : j'ai envisagé la tangente aussi sans trop savoir comment. Du coup...

devant a dit…

"Dans un étirement interminable du temps elle se retourne et lui fait face
attends, ça, les yeux fermés???? Stanley Kubrik, of course.
Le disque? Je l'ai pris et je vais te relire pour en placer un en céoute avec les danses Hongroises... Faut organiser son temps d'écoute entre le déjeuner et la reprise du boulot.
Sûr qu'avec un Ramones, le boulot est repris plus vite.

Till a dit…

Devant : l'étirement interminable du temps, ça pouvait Jarmusch aussi.Il y avait un piège, mais tu l'as déjoué. :-D

devant a dit…

tu sais quoi?
Attends, j'ai pas fini.
j'écoute et me dit: Je corrige ce que j'ai dit un peu partout. Dès la première écoute il peut se passer quelque chose. Il se passe quelque chose sur ce Schubert (idem sur l'autre Schubert chez Jimmy ou le Brahms chez PascalGeorges)
la frustration est pire: Il se passe quelque chose qui ressemble à du plaisir d'écoute avec le sentiment que l'on a loupé une partie et que cette partie aurait donné encore davantage de plaisir...
C'est différent d'une oeuvre hermétique ou c'est après plusieurs écoutes que le voile se déchire (un peu comme les stéréogramme)
j'entends mon patron: "Antoine, arrête de te faire des noeuds dans la tête ;_) )

devant a dit…

.. erde "me dis"

Till a dit…

Moi je me souviens d'un plaisir immédiat, mais le film y était pour quelque chose (sur l'Andante).

Je ne sais pas (forcément) comment j'aurais accroché en découvrant le trio avant Barry Lyndon.

N'empêche, Kubrick ou pas, cet Andante est addictif. (Chouette une allitération).

devant a dit…

Oui le deuxième mouvement, j'ai percuté de suite